vendredi 19 décembre 2008

Aïe aïe aïe Tourista.2

L'eau du puit a fini par avoir le dessus sur l'organisme de Marie. Elle a quand même tenu le coup bien plus longtemps que Christo et moi.

Lors d'un autre voyage, j'ai vu les habitants d'un village être malade les uns après les autres.
Après une visite au dispensaire du coin, ils prennent quelques médicaments et la vie reprend comme avant.

jeudi 18 décembre 2008

Famadihana

"Les Ancêtres sont sacrés.
Ils nous voient et veillent sur nous.
Nous demandons toujours à Dieu et aux Ancêtres en même temps.
Nous les invoquons avec des prières et des voeux pour qu'ils nous aident ici-bas.
On ne peut pas oublier les Ancêtres."


Un village, presque au bout d'une piste de terre rouge.
Le temps est maussade, il va bientôt pleuvoir.
Nous sommes dans le pays de la vanille.
Ici, les gens se préoccupent de manger.
L'or noir ne rapporte plus, malgré sa grande qualité.
Les gens ont faim. Ils créent de nouveaux champs et cultivent du riz. Le plus possible.
C'est la saison des cultures sur brulis (on une forêt et on brûle pour planter)
Elever des cochons est courant, maintenant. Il y en a partout, c'est surprenant.


Famadihana*
Des hommes portent deux cercueils d'env. 80cm de long chacun. Ils sont suivis par des dizaines de membres et d'amis de la famille. Tout le monde chante. La procession se rend au cimetière, bien en dehors du village.Mon inconscient me rappelle sans cesse que ça pourrait être des cercueils d'enfant, mais il n'en est rien.


Une fois arrivés sur le domaine des défunts, les gens s'installent comme ils peuvent autour des cercueils de deux parents. A Madagascar, on n'enterre pas les corps. On ne les brûle pas non plus. Ils sont installés en hauteur et abrités par une tôle.
Les anciens de la famille sont devant, ainsi que les prieuses, qui officient en premier.Quelques boissons (Punch coco et soda) sont distribuées.


Le plus ancien de la famille invoque le défunt. Il demande prospérité et protection.
D'autres anciens font un kabaro (discours).

Les hommes** retirent les cercueils, Ils les déposent au sol et les ouvrent.Des lamba*** sont tenus de manière à cacher la scène aux femmes**.Tout les vieux textiles sont jetés dans la forêt.Les os et le crâne sont arrangés d'une certaine manière. L'argent et les objets personnels sont soigneusement remis près du crâne.Les restes sont enveloppés dans un nouveau lamba*** spécial pour l'occasion, puis placés dans les nouveaux cercueils. On y rajoute un autre lamba simple et des vêtements (chemise et pantalon du dimanche). Les nouveaux tissus sont légèrement entaillés avec une machette pour simuler une usure****


On continue à boire et à chanter.Lorsque les nouveaux cercueils sont replacés et les anciens détruits (les planchent sont recyclées sur place si besoin), la cérémonie prend fin. Tout le monde repart et deux anciens ferment la marche.
A l'aller et au retour, nous traversons le rivière. En quittant le cimetière, pour ne pas garder des entités accrochés à soi (pour ne pas être possédé), il est important de bien se laver les mains, le visage et de jeter de l'eau par-dessus la tête.


La journée se passe dans un air de fête, avec des chants et des prières, sans oublier les kabaro (discours) et beaucoup de musiques malgaches.Après la cérémonie, nous mangeons ensemble et les jeunes vont acheter du betsabestsa (alcool de canne à sucre). Lorsque le taux d'alcool dans le sang a pris son rythme de croisière, les invités dansent près d'une sono reliée à un groupe électrogène. Avant la nuits, chacun rentre chez soi, excepté ceux qui viennent de loin, qui seront hébergés pour la nuit.





Renvois :
*Famadihana : Faussement traduit en français par : Retournement des morts.Le traducteur originel de ce mot a dû causer pas mal de retournements de morts dans leurs tombes, mais c'est seulement par le non-sens de cette traduction. Il n'y a pas de mot en français pour définir cette cérémonie.
Cérémonie qui consiste :- à invoquer un ancêtre,- à renouveler le cercueil d'un défunt, - à changer la natte, les tissus et les vêtements- à nettoyer les restes du défunt pour les replacer dans le nouveau cercueil.

**Par respect pour le défunt :Si l'ancêtre est une femme, les hommes n'ont pas le droit de regarder.Si l'ancêtre est un homme, les femmes n'ont pas le droit de regarder.

*** Lamba : tissu couramment utilisé se couvrir (paréo). Certains de ces textiles sont dans une matière ou d'une confection différente et sont réservés pour les cérémonies (lambamena).

****Il y a des voleurs qui pillent les tombes pour récupérer et revendre leur contenu. En entaillant les vêtements, on limite la valeur de revente.



Note :
Les traditions varient d'une région à l'autre du pays. Nous sommes ici dans la SAVA, au nord est de Madagascar. Je prie les malgaches de bien vouloir ne pas s'irriter de certaines faussetées ou erreurs dans ce cours résumé.

Aïe aïe aïe Tourista !

Non, ce n'est pas le titre d'une chanson.

C'est la 3ème fois que je viens à Sambava.
Personne n'a encore compris que les vazaha (nous, les étrangers) nous ne pouvons boire n'importe quelle eau, qu'elle soit de la rivière ou du puit.
Enfin, si, ils l'ont compris, mais à leur manière.
J'ai recommandé une préparation d'eau bouillie durant 20mn minimum.
Un seul mot est passé : bouillie.
Mon fils a commencé à avoir des diahrrées il y a quelques jours, c'est maintenant à mon tour.


Ici, les gens boivent à pleines gorgées l'eau du puit. Ben oui, après tout, je n'ai qu'a pas être si fragile. Roh les vasaha, alors !Bon bon, il n'empêchent que tous les jours, des gens meurent à cause de l'insalubrité des eaux.Nous avons continué à discuter, durant plusieurs jours, sur l'intérêt de faire bouillir l'eau 20mn minimum. Rien à faire. Ils ont compris l'intérêt de nous garder, Christo et moi, en bonne santé. C'est déjà un bon début.
Ensuite, il faudra trouver un moyen pour filtrer l'eau avant sa préparation. Mais pas tout d'un coup...J'ai des comprimés pour purifier l'eau, mais on croirait boire l'eau de la piscine (fort goût de chlore). Je les utilise pour une question de survie. Dès que j'y ai accés, j'achète de l'eau en bouteille.

mardi 9 décembre 2008


Sambava.
Il y a de plus en plus de cas de paludisme.
On nous prévient de nous protéger.
Tout les soir vers 18h00, malgré la chaleur moite, je mets des vêtements longs, des chaussettes et un produit à base de DEET anti-moustiques.
Je me réconforte en mangeant des lichies, des mangues, des ananas et des bananes.
Ce soir, nous avons du manioc* au coco.





Mardi 3 déc., j'ai posté quelques images de Tananarive, la capitale.
En voici d'autres :


Lever de soleil.




La pub est omniprésente.
Je la trouve plutôt bien faite.
Mais bonjour les contrastes !




Quartier Analakely (centre-ville), les escaliers vers la ville haute.
Lieu hautement touristique.





Sud de la ville. Extraction de sable vendu sur le bord de la route.





Centre-ville, quartier populaire et marchand.





Marché Pochard, centre-ville, on y trouve un peu de tout, de l'artisanat aux ustensiles de cuisines en passant par les textiles.



Rizières au nord de Tana.





Les métiers de service sont légions.
Ici, c'est un laveur de voiture qui officie, assuré de travailler toute la journée.
Les malgaches prennent énormément soin de leur automobile.
Quartier des administrations.




Réparateur de vélo et fringuerie se côtoient dans un quartier sud de Tana.





Vendeuse, sud de la ville.
Cigarettes, bonbons, chips et autres petites choses à grignoter.



Savez-vous le plaisir que je prend à photographier les boucheries malgaches ?




Incontournable dans le centre-ville, Le Glacier vous propose d'excellentes glaces qui vous seront servies avant votre repas si vous avez le malheur de tout commander en même temps. Lol.







Il est impossible de montrer cette ville en quelques images.
Tana est multiple et remplie de contrastes.
C'est une ville cosmopolite où la population vie, ou survie, côte-à-côte.


* Manioc : Plante dont on consomme la racine ou les feuilles.
La racine a un goût de châtaigne. Elles est bouillie. A Sambava, on la cuisine avec du coco et du sucre.
Les feuilles sont cuites avec de la viande et forment un des plats principaux du pays : le Ravitoto [ravftoute].
Sambava.
Je ne sors pas.
Je peux enfin prendre du repos; c'est-à-dire ne rien faire ou presque de la journée.
Je n'ai pas envie de sortir.
Si je pars en ville, je vais déclencher 400 ou 500 fois et je ne prendrai pas le temps de vous raconter ma journée du mardi 02 déc. sur la route d'Antsirabe (Sud de Tana) :




Très rapidement, nous apercevons des cultures d'ananas.
Mon chauffeur s'étonne qu'il n'y ait que peu de terre cultivées pour cet excellentissime fruit.



Ici, l'ananas se mange non découpé, en l'attrapant par ses feuilles.
Ils sont ni trop sucrés, ni acides : excellents.





Bleu du ciel, vert du sol et rouge des constructions constituent un ensemble équilibré.





Groupe de maisons traditionnelles des hautes terres.




Rizières. Au centre de l'image, constructions des briques en terre cuite.





Lavaka. Signifie : un effondrement du terrain suite à une déforestation intensive.
Une plaie ouverte sur le sol de la grande île.
Les arbres sont brulés pour faire du charbon de bois ou pour cultiver les terres.




Une vieille Peugeot 403 rouille dans un village.

Je suis à Sambava (nord-est) depuis mercredi. Avant d'arriver, il aura fallu patienter 7h00 à l'aéroport de la capitale que les techniciens réparent le 747 prévu pour notre vol.
C'est la galère pour se connecter sur Internet.



Retour sur la journée du dimanche 30 nov.
Nous venons d'arriver le matin à Mada*. Sans perdre de temps, nous partons sur la route de Tamatave (Est de Tana**)

Les paysages sont magnifiques. Le temps est favorable à la photographie.



Les constructions sont variées dans le pays, en fonction des moyens et des traditions



Une dame accepte de poser à la fenêtre de sa maison.
Elle me demande un cadeau.
Plutôt, que donner de l'argent, je lui ferai passer sa photo par des amis.



Notre repas de midi : du riz, des anguilles et des brèdes ***

A la recherche du paysage perdu.
En fait, l'objectif de ce parcours est de retrouver un village et des terres rizicoles que je me promets de photographier depuis 2001, lors de mon premier voyage. Problème, ayant noté la borne kilométrique, je ne retrouve pas l'image que j'ai en mémoire.
Cette histoire confirme une règle en photographie : ne jamais reporter une PdV**** à plus tard !



Sur le chemin du retour, nous achetons des saucisses de porc de bonne qualité gustative.







* Mada : Madagascar

** Tana : Antananarivo, Tananarive. Capitale de Madagascar.

*** Brèdes : feuilles comestibles.

**** PdV : prise de vue (séance de photographie)

mercredi 3 décembre 2008

Tana, mercredi 3 déc.

Aéroport international d'Ivato, près de la capitale.

Je viens de passer 4 jours intenses dans Antanananrivo et les environs.

La vie à Tana est folle, intense et dangereuse. La pollution est énorme, c'est à peu près comme si on était dans une bulle de poussière et de gaz d'échappements. J'ai beaucoup toussé, lol.

Dès que l'on passe le périphérique de la ville, l'air est pur et les paysages sont magnifiques.
La vie y est plus tranquille. Mais si Madagascar est un pays riche, la plupart des gens sont pauvres (et certains sont très très riches). Ici, les 4x4 sont plus beaux et plus gros qu'en France :)

1800, c'est à peu près le nombre de photos prises.
7, c'est le temps (heures) de retard de notre avion pour Sambava. Moramora (Pas trop vite).



A la capitale, il y a 3 sites incontournables :

Le Rova (Le Palais de la Reine), en pleine réfection.


Lac Anosy


Avenue de l'indépendance




Ici, tout le monde à de l'argent pour la téléphonie mobile :

Contrastes

La ville aux heures de pointe, aïe ! :

La densité de la ville


A+, MakiBar

dimanche 16 novembre 2008

Retour au pays de la vanille

Dans 15 jours, nous serons de nouveau à Madagascar.

lundi 21 avril 2008

Premier contact

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5 mars 2008
Il est rare, pour les enfants des villages, de rencontrer des enfants d'autres pays.
Dès que nous sommes arrivés à Andengondro, garçons et filles se sont précipités autour du quartier, approchant de minutes en minutes la maison.

L'invasion chinoise.

Les femmes préparent à manger, tandis que...

... Les hommes doivent s'occuper en attendant.

Premier contact pour les enfants.

Un enfant joue avec la pluie...

... Un autre amène du bois.

Voyons, qu'est-ce que nous allons manger ?...

La vie est belle à Andengondro.

dimanche 20 avril 2008

Retour à Andengondro

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5 mars 2008

Cela fait presque 4 ans que nous sommes venus à Andengondro.
Comme la dernière fois, nous allons tenter de faire la route en 4x4 du pauvre (Renault 4L).
Depuis Sambava, la ville principale de la région, il faut compter env. 30 min. sur une route bitumée, puis 2h00 de marche à pied sur une piste (nous allons tenter cette partie en voiture).




Début de la piste. Jusqu'où sera-t-elle praticable ?

Achat d'essence dans un village.
Ici, on trouve de l'essence presque partout dans les villages. Les taxis n'achètent qu'un litre à la fois.

Notre chauffeur verse de l'essence d'un bidon à l'autre, dans la voiture. Il y a trois bidons à l'avant, dont deux n'ont pas de bouchon.
Le plus tranquillement du monde, il s'allume une cigarette en roulant. Je lui signale que c'est dangereux, une cendre chaude pourrait tomber dans l'un des deux bidons logés dans la portière gauche. Ok, il sort la cigarette par la vitre et la finit entre deux crevasses sur la piste.


Régulièrement, notre taximan fait des arrêts pour demander aux gens si la piste est praticable. Nous sentons qu'il a peur d'être bloqué. Il nous lâchera dès qu'il pourra...

Agriculteur & son zébu.

Dernier passage difficile avant que nous soyons abandonnés par notre chauffeur.
Comme j'ai aidé à pousser la voiture (passage sur la droite, dans l'eau), je n'ai pu faire la photo qu'après coup. Le pont est HS depuis des lustres...

Heureusement, nous trouvons facilement des porteurs pour les bagages. La facture du taxi a été réduite en fonction du coût de ces derniers. Il nous reste quelques kilomètres à peine, env. 30 minutes de marche. Bien qu'il pleuve, nous avons le moral.

Arrivée au village, sous la pluie.
Contrairement à notre dernier voyage, personne ne nous accueille, il pleut et le village est morne.


Enfin au sec !