Un voyage vers l'île rouge serait en préparation ?
Il en est question...
A suivre.
En attendant, n'hésitez pas à remonter le temps et lire nos aventures en 2008 et 2009.
dimanche 4 avril 2010
samedi 21 février 2009
Givrée
20 000 ariary/kg de vanille.
8,00 €, c'est le prix moyen que les négociants achètent le kilo d'or noir à Madagascar en 2008.
Alors qu'en 2003, un cultivateur recevait 500$ pour la même quantité, les marchés mondiaux n'ont cessé de développer des stratégies pour faire baisser les cours.
Aujourd'hui, la pauvreté est très présente dans la région de la SAVA
(du nom des 4 villes principales de la région de la vanille : Sambava, Antalaha, Vohémar et Andapa)
Alors qu'en 2003, un cultivateur recevait 500$ pour la même quantité, les marchés mondiaux n'ont cessé de développer des stratégies pour faire baisser les cours.
Aujourd'hui, la pauvreté est très présente dans la région de la SAVA
(du nom des 4 villes principales de la région de la vanille : Sambava, Antalaha, Vohémar et Andapa)
En 2008, les gens n'ont pas eu assez de riz pour se nourrir.
Des mesures sont prises.
Des cultures de vanille sont arrachées.
Les terrains sont brulés.
Quelques semaines plus tard, on y plante du riz.
Maintenant, on peut voir des rizières partout.
Il y a encore de la vanille, mais ça n'est plus rentable...
Voilà un éléments pour commencer à comprendre pourquoi ce peuple se révolte contre une présidence très en décalage avec les réalités de la vie.
Une belle surprise dans les lots de vanille
que nous avons ramené en janvier :
Les gousses cristallisent ou "givrent".
C'est le must pour ce produit.
que nous avons ramené en janvier :
Les gousses cristallisent ou "givrent".
C'est le must pour ce produit.

Cela montre que le produitn'a pas été chauffé (au four),
qu'il n'a pas été traité chimiquement
ou lavé dans l'eau bouillante.
Cycle (simplifié) de la vanille (orchidée) :
En janvier de l'année 00, plantation de la vanille.
Année 03, une orchidée pousse. Insémination artificielle.
Année 04, traitement de la vanille pour la préparer à la vente
A partir de la 5ème année, il y aura une récolte annuelle.
La qualité de la récolte peut être mise en danger par le passage d'un cyclone dévastateur.
mardi 10 février 2009
dimanche 18 janvier 2009
Au fond de la vie
Le 1er janvier, nous avons fêté le nouvel an.
Tout le monde était mamo (comprendre : en état d'ébriété).
Vers 17h30, on me demande de faire des portraits de famille.
Je fait rapidement le tour de la maison, il y a un mur qui pourrait faire un fond photo tout en profitant de l'éclairage du soleil descendant, presque à l'horizon.
15 à 20 mn pour faire passer différents groupes.
Tous bourrés et difficiles à placer.
Sans compter qu'il m'aura fallu arracher une partie de la clôture pour avoir du recul.
Le résultat est là, enfin, une partie :




Dans une fête, on déguste l'alcool servie par notre hôte.
Ensuite, on va chez le fournisseur de betsabetsa* du quartier, et on épuise ses réserves à coups de grands seaux.
* betsabetsa : alcool (fabrication locale) de canne à sucre
Tout le monde était mamo (comprendre : en état d'ébriété).
Vers 17h30, on me demande de faire des portraits de famille.
Je fait rapidement le tour de la maison, il y a un mur qui pourrait faire un fond photo tout en profitant de l'éclairage du soleil descendant, presque à l'horizon.
15 à 20 mn pour faire passer différents groupes.
Tous bourrés et difficiles à placer.
Sans compter qu'il m'aura fallu arracher une partie de la clôture pour avoir du recul.
Le résultat est là, enfin, une partie :




Dans une fête, on déguste l'alcool servie par notre hôte.
Ensuite, on va chez le fournisseur de betsabetsa* du quartier, et on épuise ses réserves à coups de grands seaux.
* betsabetsa : alcool (fabrication locale) de canne à sucre
mercredi 7 janvier 2009
Malaise
Le téléphone mobile n'est pas dangereux pour vous,
mais il est interdit de téléphoner dans les stations services.
Le téléphone mobile n'est pas dangereux pour vous,
mais éteignez-le à bord de l'avion.
Le téléphone mobile n'est pas dangereux pour vous,
mais gardez-le à distance de votre cerveau.
Malaise
Deux heures du matin, je suis dans l'avion.
Depuis que nous avons embarqué vers 23h30, j'ai déjà été deux fois aux toilettes.
Des diarrhées.
N'ayant pas soigné sérieusement mes diarrhées de dimanche matin, elles reviennent.
Je me sens bizarre.
Quelque chose va se passer.
Ce n'est pas bon.
J'ai déjà vécu ça en 2001, lors de mon premier voyage à Mada.
Je commence à transpirer et à perdre le contrôle de mon corps.
J'ai très chaud.
La transpiration coule de mon corps.
Mon coeur bat fort.
Son rythme s'accélère.
J'attrappe la main de Marie.
Deux trois mots pour lui faire comprendre que j'ai un malaise.
Deux hôtesses de l'air arrivent.
Ma conscience s'éloigne.
Des images s'imposent à mon esprits.
Ce sont des photos, elles défilent à une vitesse folle, avec une grande force.
Je pars... Ai-je encore les yeux ouverts ?
Marie a peur. Mes lèvres sont toutes blanches.
Impossible de voir les personnes qui me secourent.
Je perds conscience...
La voix de Marie.
Elle m'appelle.
Je reviens lentement.
J'ai très mal au ventre.
Je perçois à nouveau les gens autour de moi.
J'étais absent peu de temps.
"Une poche, vite"
Commence alors un long et douloureux manège entre vomissements et occupation des WC, jusqu'à ce qu'il ne reste rien.
Au lever du soleil, nous arrivons en France.
Je suis épuisé, mais valide.
J'achète des médicaments, la vie peu reprendre...
Aéroport
De l'eau qui coule d'un robinet.
Après avoir passé un mois dans un village côtier, je prends plaisir à passer mes mains sous un robinet.
Vous avez sans doute oublié quel plaisir on a en se lavant le deux mains en même temps,
avec de l'eau qui coule dessus.
De l'eau à volonté.
Avec le robinet, aucun risque de se retrouver plein de savon sur le corps
et le seau d'eau vide, obligé de partir en chercher au puit pour finir sa toilette...
L'eau courante est une belle invention !
Aéroport
Je suis à l'aéroport. C'est long, comme d'hab.
Les acteurs habituels sont là :
Les douaniers, qui ne cherche rien, mais réclament leur "café*".
Les hotesses d'enregistrement, qui sont plus ou moins souriantes et se plaisent à vous faire refaire vos bagages pesés sur des balances déréglées.
Les policiers, qui font leur boulot.
Et bien sûr les passagers, dont la plupart sont des touristes, qui s'agglutinent sous formes de files d'attentes.
Pour passer le temps, on discute avec des inconnus.
On se raconte des histoires vécues ou on s'échange des adresses.
"Ah, si j'avais sû qu'à tel endroit on pouvait...".
On note soigneusement les bons plans, les hôtel ou les restau...
Le temps passe... lentement.
Nous serons à la maison demain soir.
Attendre ici n'est pas tout, il faut env. 11h d'avion pour arriver à Roissy-Charles de Gaulle.
Puis attendre encore pour prendre le TGV et venir à Bordeaux.
C'est long.
On le sait, on s'y est préparé.
Demain soir, c'est déjà du passé.
Pour passer le temps, je vous présente ma dernière découverte à Tana :
Le ver à soie.
Rien d'extraordinaire, si ce n'est que cette production est réservée pour servir à table.
Bon appétit.


J'aurais dû poster ce message hier soir, mais pas de WIFI possible à l'aéroport de Tana.
samedi 3 janvier 2009
Un cri dans la nuit
Meilleurs voeux à tous pour 2009
Je me lève, révéillé par les voisins qui discutent depuis des heures.
Ils affûtent des grands couteaux sur une pierre.
Je m'assoies à table, sans allumer la lumière.
Il n'est pas encore 4h du matin.
Quelques minutes plus tard, le quartier est plongé dans le noir.
La Jirama* a coupé le courant.
Des cris puissants et aigus, qui s'étouffe peu à peu. Mon voisin vient d'égorger son cochon.
Les chiens aboient.
Les enfants se réveillent quelques instants.
Les trois hommes parlent toujours, à l'extérieur. Ils plaisantent et rigolent.
Le quartier semble se rendormir, plongé dans le noir, sauf moi avec ma lampe de poche posée sur la table et un coca-efféralgant dans la main.
Nous sommes le 1er janvier.
La vente de la bête, pour la fête du nouvel an, ramènera un joli pécule à son propriétaire.

Nous avons fêté le nouvel an ce 1er janvier. Ici tout le monde est "mamou" (bourré).
Même certains enfants picolent du punch coco ou du betsabetsa** dérobé sous les yeux des parents impassibles.
Le soir, tout le monde dort dans la maison. Le confort n'est pas important, l'alcool fait le reste.
J'observe et je photographie.
J'ai mal partout, je suis fiévreux.
J'ai fait presque 8000 photos.
Je me demande si mon chef me donnerait 1 mois de vacances.
J'ai vraiment besoin de me reposer.
renvois :
*Jirama : équivalent de l'EDF.
**betsabetsa : alcool de canne à sucre. Ici, on l'achète au seau, pas à la bouteille.
*Jirama : équivalent de l'EDF.
**betsabetsa : alcool de canne à sucre. Ici, on l'achète au seau, pas à la bouteille.
intérieurs
De l'eau froide.
Je fais couler de l'eau bien froide sur ma tête et sur mon corps.
Un régal.
6h30 du matin, le soleil commence à monter à l'horizon et une forte chaleur s'installe, accompagnée d'une importante humidité dans l'air.
Nous sommes à la période la plus chaude de l'année.
Lorsque le soleil est au zénith, les gens cherchent de l'ombre et se reposent.
Je bois du Coca bien chaud.
Qui a dit que cette boisson devait se boire fraîche ?
Lorsque l'on a rien, ou presque, un Coca chaud est un plaisir que l'on savoure.
Je suis dans une maison de cultivateurs de vanille, sous un toit en tôles qui renvoit jusqu'au sol des rayons de chaleur.
Je me pose tous les jours la même question : pourquoi n'isolent-ils pas les plafonds et les murs ?Et toujours la même réponse me vient à l'esprit :
pas le temps, pas les moyens, pas envie de s'embêter.
intérieurs
Durant deux jours, je suis parti en brousse pour constituer une série de portraits.
Après en avoir réalisé une auparavant, au début de l'année 2008, j'ai réalisé qu'il me fallait aussi montrer l'intérieur des maisons qui révèle la personnalité de ces gens.
Les petites tiges sont de la vanille Bourbon, d'une excellente qualité.Les grandes tiges sont de la vanille Mexique (qui vient du...).
Elles est énorme, n'a pas beaucoup d'odeur et devinez quoi ? Et bien, à force de se voir acheter la vanille 8€ le Kg, les cultivateurs s'intéressent de plus en plus à cette merde.
Plus grande, plus lourde, plus d'argent dans la poche.
Merci les marchés mondiaux !
Aïe aïe aïe Tourista - Jamais 2 sans 3
Mon fils a été fortement malade la semaine dernière.
Allers-retours chez le médecin et à l'hôpital tous les jours.
5 jours de souffrances pour un petit qui ne comprend pas ce qui lui arrive...
En cause ? De l'eau du puit non bouillie correctement, des fruits mangés sans être pelés, une hygiène dans la cuisine qui laisse à désirer.
Ici, il y a un conflit depuis près d'un mois. Je tente d'installer un minimum d'hygiène, sachant que nous, les vasaha*, nous n'avons que bien peu de défenses immunitaires contre l'eau et les parasites présents dans la nourriture.
Faire bouillir de l'eau pendant 20mn minimum semble incompréhensible, hors norme.
Ici, un enfant pèle une mangue avec ses dents, pas un couteau. Laver un fruit après l'avoir pelé ? Pourquoi ?
Les gens, ici, disent que tomber malade est une fatalité, que ça arrive à tout le monde.Difficile de changer la conscience de gens** qui, la nuit tombée, mettent un balai retourné devant la porte pour que les voleurs ne rentrent pas.
Faire bouillir l'eau plus de quelques minutes entraine des railleries à mon encontre... Jusqu'à ce que Christo hurle de douleur. La maison se vide, on arrête de rigoler.Un médecin parle de gastro, un autre lâche le mot grippe, je pense à renter en France d'urgence.Christo se remet 5 jours après.La cuisine est maintenant un peu plus propre, les préparation sont surveillées de près.
Il reste tant à faire...
Ca me rappelle une histoire vraie à Antsirabé.J'avais lu dans un guide touristique et sur Internet qu'il fallait éviter un restaurant à Antsirabé. Il y avait pas mal de clients qui attrappaient des gastro (2003).Lorsque j'ai passé quelques jours dans cette ville, en oct 2003, j'ai remarqué que le restau en question était fermé. Après avoir questionné l'entourage, il m'a été confié que le patron était mort intoxiqué par l'insalubrité de sa cuisine.Vous appellez ça de la fatalité ?
Renvois :
*vasaha, l'étranger blanc
**Les cultivateurs, dans cette région, sont excentrés. Ils reçoivent un peu d'informations, mais n'ont que peu de conscience du monde qui les entoure. Pas le temps, pas les moyens. On est loin des habitants de la capitale qui ont accès à (presque) tout (Encore que...).


Allers-retours chez le médecin et à l'hôpital tous les jours.
5 jours de souffrances pour un petit qui ne comprend pas ce qui lui arrive...
En cause ? De l'eau du puit non bouillie correctement, des fruits mangés sans être pelés, une hygiène dans la cuisine qui laisse à désirer.
Ici, il y a un conflit depuis près d'un mois. Je tente d'installer un minimum d'hygiène, sachant que nous, les vasaha*, nous n'avons que bien peu de défenses immunitaires contre l'eau et les parasites présents dans la nourriture.
Faire bouillir de l'eau pendant 20mn minimum semble incompréhensible, hors norme.
Ici, un enfant pèle une mangue avec ses dents, pas un couteau. Laver un fruit après l'avoir pelé ? Pourquoi ?
Les gens, ici, disent que tomber malade est une fatalité, que ça arrive à tout le monde.Difficile de changer la conscience de gens** qui, la nuit tombée, mettent un balai retourné devant la porte pour que les voleurs ne rentrent pas.
Faire bouillir l'eau plus de quelques minutes entraine des railleries à mon encontre... Jusqu'à ce que Christo hurle de douleur. La maison se vide, on arrête de rigoler.Un médecin parle de gastro, un autre lâche le mot grippe, je pense à renter en France d'urgence.Christo se remet 5 jours après.La cuisine est maintenant un peu plus propre, les préparation sont surveillées de près.
Il reste tant à faire...
Ca me rappelle une histoire vraie à Antsirabé.J'avais lu dans un guide touristique et sur Internet qu'il fallait éviter un restaurant à Antsirabé. Il y avait pas mal de clients qui attrappaient des gastro (2003).Lorsque j'ai passé quelques jours dans cette ville, en oct 2003, j'ai remarqué que le restau en question était fermé. Après avoir questionné l'entourage, il m'a été confié que le patron était mort intoxiqué par l'insalubrité de sa cuisine.Vous appellez ça de la fatalité ?
Renvois :
*vasaha, l'étranger blanc
**Les cultivateurs, dans cette région, sont excentrés. Ils reçoivent un peu d'informations, mais n'ont que peu de conscience du monde qui les entoure. Pas le temps, pas les moyens. On est loin des habitants de la capitale qui ont accès à (presque) tout (Encore que...).


vendredi 26 décembre 2008
Conflits
On dit :
Pas de couple heureux sans conflit
Voyons cela...
Pas de couple heureux sans conflit
Voyons cela...
Conflits
Dimanche 21 décembre
Un zébu pète les plombs et tente de se libérer de son vacher. Ce dernier n'arrive pas à en reprendre le contrôle. L'animal, avec sa forte masse, impose un parcours athypique à son maître. Les gens s'enfuient, les véhicules ralentissent. Tous le monde regarde la scène. La bête folle peut faire très mal.
Seul un homme reste immobile (à gauche sur la photo). Il est à quatre pattes dans l'herbe. L'animal lui tourne autour. Le pauvre fou ne semble pas affecté par l'incident.

Dimanche 21
Combat en règle de deux (jeunes) coqs dans la bemarivo.
Lundi 22Prise de becs entre deux caméléons.
Regardez les couleurs jaune-oranger. Cela montre l'irritation des animaux.

Mardi 23
Conflit de couple. Donc un couple vivant (et heureux).
(Pas de photo, censuré)
Mercredi 24
Nid de guêpes.
J'ai été attaqué par des guêpes pour m'être trop approché de leur nid, dans un champ d'ananas et de cannes à sucre.
Elles ont été extrêmement rapides. Une seule m'a piquée à travers mon tee-shirt.
Le propiétaire des lieux les a brulé, avec leur nid.

Papa d'Cassibé est mort
En février 2008, j'ai photographié ce couple de cultivateurs lors d'une visite dans un village.
Je ne l'ai pas toujours dit, mais ces deux visages, côtes-à-côtes, représentent, pour moi, les malgaches. Ils sont intimement symboliques.
Ces photos ont fait partie de mon exposition en septembre dernier, et j'ai rapporté les tirages de l'expo aux modèles.


Ce monsieur est gravement tombé malade au printemps dernier.
Nous l'avons visité il y a une semaine sur son lit de souffrance, quelques jours avant qu'il décède.
Dans ce pays, la maladie peut rapidement vous entraîner vers la fin, comme cette femme rencontrée dans un taxi-b*, à qui le médecin de brousse a détecté un cancer du sein.
Nous avons un peu discuté et il est apparu que le mal est bien avancé. Si elle n'a pas les moyens d'aller se faire très rapidement soigner dans un hôpital équipé, c'en est fini pour elle.
Renvoi :
*taxi-b = taxi-brousse. Tout véhicule avec chauffeur permettant de se déplacer d'un village à l'autre.
Je ne l'ai pas toujours dit, mais ces deux visages, côtes-à-côtes, représentent, pour moi, les malgaches. Ils sont intimement symboliques.
Ces photos ont fait partie de mon exposition en septembre dernier, et j'ai rapporté les tirages de l'expo aux modèles.


Ce monsieur est gravement tombé malade au printemps dernier.
Nous l'avons visité il y a une semaine sur son lit de souffrance, quelques jours avant qu'il décède.
Dans ce pays, la maladie peut rapidement vous entraîner vers la fin, comme cette femme rencontrée dans un taxi-b*, à qui le médecin de brousse a détecté un cancer du sein.
Nous avons un peu discuté et il est apparu que le mal est bien avancé. Si elle n'a pas les moyens d'aller se faire très rapidement soigner dans un hôpital équipé, c'en est fini pour elle.
Renvoi :
*taxi-b = taxi-brousse. Tout véhicule avec chauffeur permettant de se déplacer d'un village à l'autre.
Un dimanche à Antsampanamahazo
A Madagascar, il y a deux évênements le dimanche :
la messe (Je n'y vais pas, j'ai un mot du médecin) et la promenade (mitangatsanga).
Et donc, nous sommes allés à Antsampanamahazo
la messe (Je n'y vais pas, j'ai un mot du médecin) et la promenade (mitangatsanga).
Et donc, nous sommes allés à Antsampanamahazo
Un dimanche à Antsampanamahazo
Pour se déplacer, nous prenons un taxi-brousse : 4 personnes à l'avant, 6 personnes au milieu et 5 autres sur la baquette arrière.
Ici, peu de gens passent le permis de conduire. Un chauffeur de taxi m'a confirmé qu'il suffisait de payer un fonctionnaire pour avoir le papier rose.
Résultat : ça donne une conduite complètement anarchique et dangereuse, en particulier dans cette profession.
A certains barrages de police, le chauffeur glisse un billet de banque dans ses papiers.
Et comme les taxi-b sont en surcharge, ils débarquent quelques personnes avant le contrôle et les rembarquent 100 mètres plus loin.
Nous arrivons, sains et sauf, à Antsampanamahazo.
Après une messe écourtée par notre arrivée et le repas de midi consommé : du ravitoto* (prononcer "raftoute"), je pars avec une dizaine d'enfants faire quelques photos du fleuve la Bemarivo.

C'est extrêmement rafraîchissant de se balader avec des enfants. Ils voient tout, ils sont capables de vous dénicher un caméléon en quelques minutes et ils connaissent tous les chemins de la régions.

Je souhaitais revenir dans un champs, autrefois de cultures de vanille, aujourd'hui brulé pour y planter du riz. J'avais fait des photos du fleuve, en 2004, avec les rizières en dessous.
Déception, puisque le paysage a complètement changé.

Nous descendons vers les bords de la Bemarivo.
Sur le chemin, les enfants trouvent de la papaye, du cacao** et des lichies.

Sur les bords du fleuve, je m'installe pour faire une photo panoramique du large paysage qui s'offre à moi. Je sors une tête pano faite "maison". Et hop, voilà que j'ai oublié à Sambava une pièce, au combien petite mais indispensable. Je fais donc mon panoramique à "l'arrachée", comme un malpropre...
Avec mon sac à dos de huit kilos et la chaleur humide, je transpire tellement que je propose une baignade aux enfants. En moins de deux, alors que je range mon matériel, les voilà déjà dans l'eau.

La Bemarivo est très large ici, nous sommes proches de la mer. Et chose que je ne savais pas, on peut la traverser tranquillement à un endroit. Pendant que nous nous baignons, je vois passer des gens qui rejoignent l'autre rive.

Sur le chemin du retour, nous traversons un béal sur 2 troncs d'arbres (qui bougent). J'ai horreur de ce passage.

Retour au village. Les femmes préparent des racines de manioc.
Elles sont cuites avec de l'eau, puis elles sont servies sucrées.
Ce plat a un goût de chataigne.
Retour à Sambava vers 17h30 avec le même taxi-b, encore plus chargé que le matin.
Christo fait une poussée de fièvre.
Renvois :
*ravitoto : feuilles de manioc pilés et consommés avec l'aliment de base, le riz. Le ravitoto est excellent lorsqu'il est cuit avec une viande de porc.
A Madagascar, il y a une plaisanterie autour de ce plat : si vous ne vous lavez pas les dents en sortant de table, n'importe qui saura ce que vous avez mangé au premier sourire !
**Le cacao est un gros fruit provenant d'un arbre. Frais, on le coupe en deux et on mange les fèves (seule partie que nous connaissons en France), ainsi que la matière blanche qui les entoure.
vendredi 19 décembre 2008
Au bout du monde
Le bout du monde est juste là, dans les rizières et dans les cultures de vanille.
Impossible d'aller plus loin.
Celui qui n'aura pas l'opportunité de remonter vers la ville par une piste de terre rouge et le bîtume sera comme enfermé dans une boite de haricot.
Lorsque l'on ouvrira la boite, ça en sera fini pour lui.
Impossible d'aller plus loin.
Celui qui n'aura pas l'opportunité de remonter vers la ville par une piste de terre rouge et le bîtume sera comme enfermé dans une boite de haricot.
Lorsque l'on ouvrira la boite, ça en sera fini pour lui.
Au bout du monde (Quelques jours en brousse).
Pour la énième fois, nous tentons de rejoindre un village presque au bout d'une piste. Jamais, dans le passé, notre taxi n'a réussi, à cause de l'état du chemin dégradée par les intempéries.
Mais cette fois-ci sera différente. Même s'il pleut pratiquement tous les jours, la terre est sèche et la voie à été réparée par les villageois*.

Dans la Renault 4L, nous emportons nos effets personnels et deux cercueils (voir post précédent).
Nous descendons à maintes reprises pour faciliter le passage de notre "4x4". Quelque fois, il faut le pousser.

En traversant les villages, nous croisons toujours un monument dédié à l'Indépendance de Madagascar, ainsi que des gens qui parlent le français. Notre pays est profondément lié à la grande île, et ces monuments eux-mêmes rappellent sans cesse que les français ont participé au développement du pays.

Les habitations sont faites de bois, de tôles et de végétaux (bambou, ravinala, etc.)
Autrefois, les gens ne mettaient pas de fenêtres aux maisons. La journée d'un cultivateur de vanille se passe à l'extérieur.
Ca permet aussi, dans le cas où des gens viennent en visite, de ne pas montrer ce qu'il y a dans la maison.

La culture sur brulis est très pratiquée dans le pays. Pas de chimie dans les sols.
Les gens n'ont plus à se nourrir durant toute l'année. Alors ils plantent davantage de riz. Un malgache mange du riz le matin, le midi et le soir.
Un repas sans riz n'en n'est pas un.
Le plat de base : riz + brèdes** + viande ou poisson*** (si les moyens le permettent). Le piment est très consommé.
La boisson s'appelle rano-ampango ou rano-vola. C'est facile a faire : lorsque le riz est cuit, laissez-en un peu au fond du faitout. Faites-le cramer et rajoutez ensuite de l'eau que vous portez à ébulition. Sa couleur peut être claire à noire comme du café.
L'alimentation de base est complétée ou variée avec du manioc, du fruit à pain (Sahonambo), des patates douces ou des grosses bananes à faire cuire.

Heureusement, en cette période de fin d'année, les fruits sont abondants. On trouve des ananas, des lichies, des noix de coco, des jacquiers, des mangues, des bananes, des papayes, ainsi que d'autres fruits moins connus.

Mon fils découvre pour la première fois le plaisir de boire à pleines gorgées du jus de coco.

J'ai été surpris de voir des enfants jouer au yoyo avec des oranges vertes. A quand un championnat du monde de yoyo, version écolo ?

Les hommes préfèrent jouer aux dominos, pour de l'argent.
En guise d'accompagnement, ils boivent du chimbo (alcool fermenté de coco) ou du betsabetsa (alcool fermenté de canne à sucre). D'autres préfèreront un rhum de fabrication locale.
Ils ont alors de petits yeux brillants qui ne laissent aucun doute sur leur état...

Le paysage est verdoyant, nous poursuivons notre chemin vers les cultures de vanille.

"On ne peut pas oublier les ancêtres"
Dans ce pays les traditions restent fortes, la réalisation d'une cérémonie dédiée aux ancêtres est d'une grande importance pour les vivant.

Sur la piste, les infrastructures ne sont plus entretenues depuis le départ des Français. On s'adapte avec les moyens locaux.

Ici des enfants battent les épis de riz pour récuperer les grains sur une bâche...

Tandis que là, d'autres enfants pilent le riz pour séparer le grain de son écorce.

A quelques mètres, des champs de culture de vanille à perte de vue.
Dommage pour ces cultivateurs, elle ne leur a été achetée que 10€ (23000 ariary ou 115000 FMG) le kilo en 2008.

Le soir, après une longue balade, nous rentrons au village.
Sur la piste, des écoliers, qui rentrent chez eux, sont étonnés de croiser un homme blanc.

Renvois :
* Dans chaque village, les hommes et les femmes valides sont astreints à des travaux d'intérêt général, par exemple pour entretenir la piste. Celle-ci est fortement dégradée chaque année, et surtout en période cyclonique. A certains moments de l'année, quelques villages installent des péages pour les véhicules.
**Brèdes : feuilles comestibles bouillies dans l'eau et servies avec l'eau de la cuisson.
***La viande est (presque) toujours cuite en sauce. Elle est dure à mâcher. On se contente d'un petit morceau. Le steak braisé de 300gr dans l'assiette est inconnu ici.
Le poisson peut être frais, mais peut accessible car cher pour eux.
Le poisson séché est très courant et accessible. par contre, on a l'inpression d'avaler une salière de 500gr. Beurk !
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